De Bains les Bains, nous faisons environ 7 Kms pour atteindre :
son église Saint-Mansuy XVe et XVIe sa Tour des Lombards XIVe (inscrits aux Monuments Historiques) et bien sûr ses ruines de château féodal (du Xe au XVIIe) agrémenté d'un jardin médiéval sur les terrasses du château.
L’histoire de Fontenoy commence au début du XIe siècle. Les évêques de Toul édifient une grosse tour carrée afin de protéger leur domaine et fermer la vallée du Côney. C’est une des premières forteresses du sud des Vosges. Un prieuré bénédictin est fondé. Des moines assurent la desserte de l’église romane primitive et vont établir un barrage sur la rivière, pour faire tourner un moulin qui conservera leur nom. La ville s’entoure de murailles dont il subsiste quelques bases.

Depuis plus de 30 ans, des bénévoles se battent pour réhabiliter le vieux donjon, lorsque j'ai visité Fontenoy, des équipes y travaillaient. Une association a été crée " Les Amis du vieux Fontenoy " un lien où les retrouver. Je leur souhaite bon courage... et il leur en faut !
Pour accéder aux ruines du château il faudra grimper !
mais à part les marches qui sont un peu raides pour moi ... le décor ici est feutré et verdoyant, il faut prendre le temps de pénétrer dans un petit jardin planté en terrasse où des amoureux de la nature ont semé des essences oubliées.
chaque maisonnette à son petit coin de verdure

d'où l'on surplombe la superbe église de Fontenoy (dans un autre article)

au pied du château, deux cimetières parfaitement entretenus.

La vue y est très belle et en marchant auprès des tombes, Guy retrouve des noms familiers, Kiki n'est pas avec nous et c'est dommage !





Un poète est enterré dans ce cimetière
Une association a été fondée par François Matenet en 1968. Une revue est crée, elle aide à promouvoir des talents littéraires. Un clic sur la photo si vous souhaitez entrer dans la " forum des poètes ". Les Fontenaicastriens aiment la poésie et à partir du mois de Mai, chaque année, on peut lire des citations d'hommes ou femmes de lettre inscrites sur des petits panneaux qui décorent la ville les murs et les ponts.





Devant le musée de la broderie ouvert depuis 1978

musée passionnant que je vous conseille de visiter, les fontenaicastriens ont érigé une statue en l'honneur de Nicolas-Joseph-Florent GILBERT, né le 15 décembre 1750 à Fontenoy-le-Château, mort le 16 novembre 1780 à Paris. Poète francophone, il devient Français en 1766.
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Extrait de "L'univers est un temple" de Nicolas Gilbert
"... Mon lit sera la feuille, un antre ma chaumière,
L'herbe ma nourriture, et l'onde ma boisson,
Mes plaisirs l'innocence, et mon bien la raison..."






Sur le mur d'une maison, on peut voir une fresque en l'honneur de Julie-Victoire Daubié, première bachelière de France.
Fontenoy le Château est sa ville natale.
À trente sept ans, Julie-Victoire Daubié devient la première bachelière de France. Il lui faut encore plusieurs mois et l'intervention de l'impératrice Eugénie pour obtenir la remise de son diplôme. En 1871, Julie-Victoire obtient la licence ès lettres qu'elle a préparée seule, puisque l'assistance aux cours lui est interdite.
Elle meurt le 26 Août 1874, peu de temps avant la soutenance de son doctorat.
"Julie-Victoire est une pionnière qui montre le chemin de l'émancipation des femmes seules de milieu modeste qui doivent travailler pour vivre et affirme en actes l'égalité nécessaire des hommes et des femmes dans l'enseignement".






Fontenoy-le-Château se situe dans la vallée du Coney

affluent de la Saône

sur le bassin des eaux de la Méditerranée et traversé par le canal de l'Est maintenant canal des Vosges. On y trouve un port de plaisance très fréquenté d'où nous avons fait une charmante promenade en péniche (voir dans un autre article). Cette petite ville me donne tout d'abord l'impression d'être désertique et abandonnée en fait elle ne l'est pas, le travail de rénovation de la rue principale est en cours... n'hésitez pas à garer votre véhicule et à arpenter les ruelles qui montent au château et aux deux cimetières d'où l'on a une vue extraordinaire de la vallée. Fontenoy le Château a un passé riche en souvenirs.

Fontenoy, était réputé pour ses carrières de gré des Vosges et de granit

qui faisaient vivre les familles d'ici ou de la région, ces carrières permirent le développement d'un trafic fluvial.

Trafic auquel venaient se greffer d'autres corporations de métiers (tels que les batteliers entr'autres bien sûr) dont beaucoup de riverains profitaient. Ainsi, d'écluse en écluse, souvent tirées par des chevaux utilisant les chemins de halage (encore existants aujourd'hui), les bâteaux/péniches se déplacaient et permettaient le développement économique de la vallée.
Il y eut des fabriques de couverts étamés, des forges, des clouteries, des pointeries, des tuileries, des féculeries et des distilleries d'eau de vie de cerise ainsi que des brasseries. Les agriculteurs de Fontenoy produisaient du Kirsch. Un cerisier de Fontenoy donnait dix à quatorze "mesures" de cerises ce qui représentait 600 Kg sur le même arbre.




Fontenoy-le-Château, gagna en réputation grâce à l'habileté de ses brodeuses (400 femmes, si j'ai bien noté). En fait, vers 1835 les femmes de Fontenoy qui ne pouvaient travailler ni aux forges ni aux carrières (les hommes seuls y étaient recrutés) quittèrent le travail aux champs, et apprirent à broder

elles travaillèrent soit " à mains " soit sur un métier dit "tambour" monté sur un pied à rotule ou sur un métier plat posé sur de petits tréteaux.

Les villes d'eaux dans les Vosges étaient fréquentées par une clientèle aisée qui exigeait un travail luxueux et de grande qualité. Les brodeuses de Fontenoy se virent confier des travaux délicats et l'Impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III, leur donna l'occasion d'exceller dans leurs ouvrages de broderie. L'Impératrice Eugénie revêtait alors des robes sompteuses et merveilleuses et les "dames" de la Cour ne voyaient désormais plus que par les broderies travaillées par les brodeuses de Fontenoy.
Eugénie de Montijo

Eugénie
Impératrice des Français
1853-1870
Fontenoy-le-Château est considéré dés 1860 comme un des centres les plus importants de production de broderies en France. Le déclin commence avec la guerre en 1940.
Impératrice Eugénie et ses " Dames " on peut ainsi constater la richesse des toilettes de l'époque.









A retenir également : Diane de Dommartin, marquise d'Havré, baronne de Dompmartin, dame de Fontenoy-le-Château, de Bayon, d'Hardemont et d'Oginvillier, fut une excellente et bienveillante dame pour les habitants de Fontenoy. Elle n'hésita pas à renoncer à ses rentes pour secourir les Fontenaicastriens dans le besoin ni à multiplier les démarches pour préserver Fontenoy des prélèvements abusifs.

née le 20 septembre 1552 au château de Fontenoy, morte après le 14 octobre 1625.
Un drapeau aux couleurs de Diane de Dompmartin flotte encore aujourd'hui sur le donjon du château.
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En marchant, soyez attentifs...
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et regardez bien les pas de maison, vous y verrez peut-être des blasons inscrustés, leurs présences vous interpelleront...
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En voici la raison : pour défendre la ville, des tireurs d'élite étaient récompensés et l'on plaçait ce blason sur le mur de leur domicile afin qu'ils soient exonérés de la " gabelle ".
En 1633 La gabelle est un nouvel impôt imposé à la population. Il s'agissait d'une taxe sur le sel. Les gabelous avaient la tâche de récolter cet impôt car le sel était un monopole royal. Vital pour la population, le sel servait à la conservation des aliments, on séchait les poissons et les viandes, on nourissait aussi le bétail avec le sel.
Ce blason a été octroyé par Napoléon III le 29 juin 1867, à la demande de la municipalité. Le N d’argent surmonté d’une étoile distingue les villes de troisième classe dans l’héraldique impériale.



La visite se poursuit le long des rues pavées

Il subsiste des abreuvoirs, les chevaux s'y désaltéraient autrefois

et des fontaines... l'eau ici coulait et coule encore partout on n'en manque pas, mais plus besoin d'eau dans les fontaines de nos jours !

La rue principale a gardé ses enseignes d'antan et petit à petit elles disparaîtront totalement au fur et à mesure de la réfection des immeubles

Joliement décorée cette grande maison semble joyeuse au bout de la grande rue principale un peu sombre.

A gauche : le canal de l'Est ou le canal des Vosges. A droite le Coney.
ça... j'ai adoré... si les tous les propriétaires de chiens pouvaient respecter ce panneau !

Sur les murs, des vestiges... religieux. Cette ville fortifiée devenue majoritairement catholique, fut avant tout protestante par la présence de riches commerçants qui furent expulser en 1589 à la suite de l'édit du Duc de Lorraine, puis vint la guerre de trente ans et les malheurs qu'elle provoqua ici.
des autels sculptés et la Vierge... toujours !
De riches pas de portes qui devaient ouvrir sur des cabinets de notables, probablement mais rien de certain.

A deux pas du Coney, cela ressemble a une petite chapelle.

Rue des moulins, nous sommes devant la Tour des Lombards

Majestueuse Tour du XIVème siècle je crois... les Lombards un peuple germanique très présent en Lorraine. On l'appelait aussi la Tour du Poids car on y conservait les fameuses " mesures de Fontenoy ".

Pas assez de renseignements sur cette Tour, mais cela me donnera l'occasion d'autre visite.

J'ai beaucoup apprécié cette promenade, j'ai utilisé des informations glanées à droite à gauche sur le net. Mon mari et moi-même avons été très gentiment reçus par Bernard Jacquel, un grand ami de Guy, et son adorable épouse. C'est grâce aux commentaires très intéressants de Bernard, sur la péniche familiale que j'ai pu réunir les informations qui m'ont aidées à construire cet article sur Fontenoy-le-Château.

J'ai eu beaucoup de plaisir à marcher sur les pas des "Grandes Dames de Fontenoy" qui ont fait de cette petite ville aujourd'hui perdue dans les Vosges, un endroit intéressant à découvrir. Bonne balade à tous.

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